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    Les nouveaux enjeux de l’audit

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    SALEM
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    Les nouveaux enjeux de l’audit

    Message par SALEM le 2008-03-21, 09:28

    Entretien avec Didier Novella, membre du Comité de management de Deloitte France.
    Docteur en droit, diplômé de l’ESC Rouen, expert-comptable et commissaire aux comptes, Didier Novella est membre du Comité de management de Deloitte France. Il est également membre du CA de Deloitte EMA (Europe Moyen-Orient). Il a rejoint Deloitte en 1985, après dix années passées chez Coopers & Lybrand en France et au Canada. Managing Partner des Firmes espagnole et portugaise entre les années 1997 et 2000, puis membre de la direction générale de la Firme française entre 2000 et 2002, il a été très impliqué dans les négociations qui ont abouti au rapprochement avec Arthur Andersen en Espagne et au Portugal. Depuis 2003, il est membre de l’équipe globale de Clients & Markets en charge de la Stratégie. Il a été responsable de nombreux clients nationaux et internationaux dans le domaine industriel et les services. L’Economiste l’a interviewé à l’occasion d’un déplacement à Casablanca.

    · Harmonisation comptable: Le Maroc n’est pas à la traîne

    · Appréciation des risques: L’importance d’une approche globale

    - L’Economiste: Est-ce que le Maroc fait office de bon élève en matière d’audit?
    - Didier Novella: Le Maroc a un place un peu particulière. Aujourd’hui chez Deloitte aussi bien que chez nos confrères et néanmoins concurrents, nous sommes en train d’assister à un vaste mouvement de concentration. Il y a un mot qui revient et qui est très à la mode en ce moment, c’est celui de cluster. De plus en plus d’opérateurs dans différents pays se regroupent pour avoir une force et un impact plus fort. Et le Maroc ne déroge pas à la règle. Concrètement, pour reprendre le cas de Deloitte, sur les missions IFRS par exemple, ce ne sont pas des équipes parisiennes qui les réalisent mais marocaines même s’il y a un appui parisien qui peut se faire sur les problèmes pointus. Je tiens d’ailleurs à préciser que le Maroc est le seul pays de l’Afrique qui dispose d’une telle compétence en dehors de l’Afrique du Sud.

    · Quels sont les métiers où vous avez une taille critique?
    - Il est clair que nous sommes présents d’abord dans l’audit, qui reste notre cœur de métier. Mais nous nous sommes aussi développés avec tout ce qui a trait à l’agenda du CFO, c’est-à-dire l’agenda du directeur financier. Il faut se rendre à l’évidence, la fonction financière prend de plus en plus d’importance dans les entreprises avec une attention particulière accordée aux risques. Donc il est important de nous adapter à cette donne, de regarder de près tout ce qui se rapporte à la sécurité informatique, au volet réglementaire, etc.

    · Big six, big five, big four... est-ce que le phénomène de consolidation va se poursuivre?
    - Je ne sais pas si l’histoire a un sens mais ce n’est pas le sens de l’histoire. Big four... la plupart des observateurs considèrent que c’est à peine suffisant. N’oublions pas que dans beaucoup de pays, les régulateurs prennent des mesures pour éviter qu’un nouvel Enron ne conduise à la disparition d’un nouvel opérateur et que l’on ne se retrouve plus qu’à trois. Sachant que la consolidation à laquelle on a assisté ces dernières années a déjà réduit l’offre.

    · En parlant de l’après-Enron, pensez-vous que Sarban Oxley a eu un effet dissuasif?
    - Dissuasif, je ne sais pas. Ce que je peux vous dire, en revanche, c’est que notre perception de la fonction de contrôle interne a changé. Avant, le contrôle interne c’était l’auditeur qui en parlait au président. En quelque sorte, le président la considérait exa-governance. Sarban Oxley a eu un grand mérite: mettre le contrôle interne sur la table du président en le responsabilisant davantage. Cette prise de conscience de la responsabilité personnelle a conduit au développement des missions de cartographie des risques, et de la remise à plat de l’ensemble des systèmes. Je pense que cela nous a beaucoup aidé à remettre à la fois la gouvernance et le contrôle interne au centre des préoccupations.

    · Nous assistons à la multiplication d’opérations transnationales de croissance externe. Celles-ci représentent des marchés juteux pour l’audit mais en même temps posent des contraintes nouvelles en matière de risques qui deviennent plus globaux. Comment vous y adaptez-vous?
    - Cela nous oblige à nous structurer en conséquence. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle il n’y a que 4 grands acteurs aujourd’hui (ndlr: Deloitte, PWC, KPMG, Ernst&Young) qui peuvent avoir une approche globale d’appréciation des risques, qu’ils soient sociaux, fiscaux, juridiques. Ce n’est jamais gagné d’avance. Avoir une connaissance de son pays est une chose, être capable de faire un deal sur 40 pays, en est une autre. Cela demande un certain savoir-faire.

    · En matière de pratiques comptables, ou en est-on par rapport aux objectifs d’harmonisation?
    - Je pense que ça avance bien. Le mérite de l’Europe est d’avoir lancé depuis 6-7 ans les IFRS de manière à avoir des normes communes. Les entreprises cotées en Europe sont habilitées à publier leurs comptes sous référentiel. Nous avons également bien travaillé sur la convergence entre les IFRS et les US GAAP (référentiel comptable américain). Donc nous sommes en train de développer un langage commun à l’Europe et aux pays qui veulent se rapprocher à l’Europe. Le Maroc n’est pas à la traîne puisque nous remarquons que la plupart des grandes entreprises marocaines adoptent le référentiel IFRS.

    · En matière de transparence, nous avons l’impression que les opérateurs d’audit sont un peu des cordonniers mal chaussés?
    - (Rires). Il existe des contraintes réglementaires qui nous empêchent d’être transparents. Il est possible de présenter des comptes transparents et des comptes consolidés lorsqu’on arrive à manœuvrer facilement dans les prises de participation. Ce qui n’est pas encore le cas. En France, par exemple, il nous est impossible de prendre une participation dans un cabinet d’avocat. Du coup, il est difficile de consolider par intégration globale. A partir du moment où les entreprises d’audit ou de conseil ne sont pas considérées comme des entreprises normales qui peuvent prendre autant de participations qu’elles le souhaitent, il serait difficile de présenter des comptes transparents.

    Les ayatollahs de la régulation

    Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confrontés?
    - Trois volets nous préoccupent. D’abord comment va évoluer le côté régulation. Je vous avoue que là-dessus nous avons quelques ayatoallahs dans certains pays.
    Ce qui fait que cela nous inquiète un peu. Il faut savoir qu’en Europe, vous avez, d’un côté, une conception de la régulation assez souple qui permet de faire des affaires et aux entreprises de se développer et, de l’autre, une conception plus latine, et en particulier plus française, qui elle est plus restrictive. Celle-ci considère que c’est à l’administration de prendre des décisions. Notre deuxième souci majeur, c’est par rapport à ce qu’on appelle le volet liability gap, c’est-à-dire l’aptitude à capter des risques.
    Un domaine pour lequel il y a un réel problème de délimitation des responsabilités. Enfin un autre défi, c’est veiller à offrir une même qualité de service sur des pays différents avec des équipes différentes. Mais là, pas de miracle, il faut investir dans la formation.

    Source: Leconomiste


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